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dimanche, 22 avril 2012 14:54

Eau : adduction et assainissement à Séné

Synthèse réalisée notamment à partir du rapport VEOLIA et SAUR de 2009. Sites internet Eau du Morbihan, SCOT Agglo de Vannes et ville de Vannes.

Enjeu pour Séné : réduire les pertes du réseau et mutualiser la gestion de l'eau

Dans les affaires d'une commune, la gestion de l'eau soulève parfois les passions et ne laissent pas insensibles, les élus municipaux et les administrés. Est-ce parce que les écrits de Pagnol ont laissé leurs empreintes dans nos esprits? Est-ce la peur des nitrates qui en Bretagne exacerbe les débats ? Essayons de traiter ce dossier à sa juste mesure.

L'eau à la maison est-ce cher ?

robinet qui coule

Une famille de 2 adultes et 2 enfants avec un brin de jardin consomme 80 m3 par an.

Au tarif valide à Séné cela se traduit par un abonnement de 30€ + 1€m3 pour l'eau qui arrive au robinet (adduction) + 1.68 /€m3 pour l'eau que l'on rejette (assainissement). Au total une dépense de 244.4 €. HT soit 294 €TTC plus des taxes, on arrondit à 310 €.

Si on habite Vannes la facture est établie comme suit : abonnement de 22 € TTC + 1.16€/m3 en adduciton et 0.81€/m3 en assainissement, soit un total TTC de 211 € plus les taxes, on arrondit à 225 €.

http://www.mairie-vannes.fr/vannespratique/eau-et-assainissement/votre-abonnement/

En effet, Vannes dispose d'une régie municipale propre et surtout d'une densité de population élevée. Cela se traduit par plus d'abonnés au km de conduite. En général l'eau est moins chère en ville qu'à la campagne...même si l'eau provient surtout de la campagne.

Finalement, à Vannes et à Séné la facture d'eau représente une dépense de 225 € ou 310 €/an pour se laver, boire, faire la lessive et arroser; un "forfait" de 20 ou 25 €/mois !

Dans un budget familial cette dépense arrive bien loin après le coût du logement, des transports, des loisirs et de la nourriture.

On voit bien qu'il faut relativiser cette dépense face aux dépenses d'électricité, de gaz ou de gasoil et face au loyers ou aux mensualités d'emprunt !

L'organisation de l'eau de la source au robinet :

En matière d'eau, il faut distignuer la production (les sources, les captages, les retenues d'eau pluviales), le transport constitué par les grosses conduites et la distribution par les canalisations sous la voirie du domaine public..

La production d'eau est soit le fait des communes jalouses de "disposer" de leur propres ressources, ou au niveau département du syndicat Eau du Morbihan.

http://www.eaudumorbihan.fr/

Le transport est une compétence de Eau du Morbihan qui assure les gros investissements et notamment l'interconnection des réseaux pour que tous les Morbihannais disposent d'eau toute l'année.

carteInterconnexions10 2014

Les communes ont conservé pendant longtemps la distribution de l'eau. Avec le temps, elles ont mutualisé cette compétence entre plusieurs communes et donné naissance à différents syndicats de l'eau.

Quelle est la situation à Séné ? Séné, comme Vannes n'adhère à aucun syndicat intercommunal.

Séné dépendante pour son eau

Une particularité de notre commune est de ne pas produire son eau sur son territoire; l'eau provient de 3 puits (Tréfflis, Khéron, Cosquéric ) situés sur la commune de St-Nolf, d'eau de la Vilaine ou parfois du réseau de Vannes. L'eau de Saint-Nolf est traité à "l'usine de production d'eau de Kerhon. Séné n'adhère donc pas à Eau du Morbihan comme quelques commune du Morbihan et notamment Vannes.

Kerhon Captage  Bellevue chateau deau

Pour alimenter les 4.689 abonnés (pour 4.725 compteurs), il a fallut produire 381.000 m3 à St-Nolf et "acheter" 71.000 m3 au syndicat d'Aménagement de la Vilaine. Produire de l'eau demande de l'énergie : la consommation est passée de 11.996 Kwh à 37.544 Kwh; cette valeur mérite des explications...

La commune dispose d'un château d'eau à Bellevue sur la presqu'île de Langle.

Cette même année les pertes d'eau dans les 135 km de conduite se sont élevées à 71.000 m3 soit l'équivalent de l'eau achetée !

Cependant, ce taux de perte est malgré tout faible en comparaison d'autres communes. La recherche des fuites doit demeurer un soucis et la refection du réseau également.

Auray parvient à force d'investissement dans son réseau à moins de 10% de pertes d'eau ! (Ouest-France du 30/04/12)

Ces dernières années, bien que la population augmente (8.367 hab), la consommation d'eau a baissée sur la commune et les achats on été réduits.

La qualité de l'eau est dans les clous même si la taux de phosphate n'est pas indiqué.

A noter que seules les habitations des îles de Boed et Boëdic ne sont pas raccordées au réseau d'adduction.

Séné dépendante pour son assainissement

Pour ce qui est de l'assainissement, la particularité de la commune est de ne pas disposer de station d'épuration sur son territoire. Avant son raccordement au 2 stations d'épurations de Vannes (STEP) Séné comptait une station au Ranquin sur la presqu'île comme en témoigne la carte IGN au 1/20.000. Aujourd'hui ce site est une station de relevage. Avant la costruction de la STEP de Tohannic, le bourg de Séné quant à lui envoyait ses eaux usées dans une vieille STEP à Kermain sur la preqsqu'ile de Rosvelec à Vannes.

IGN STEP ranquin  PR Ranquin ancienne STEP

Cependant, notre commune dispose pour l'assainissement des eaux usées de 2 aires de lagunage à Kerarden et Mousterian d'une capacité de 1.600 hab.

Lagunes-MousterianB     Lagune-Kerarden

SCOT Séné lagunage capacite

La commune "sous-traite" son assainissement à Vannes où elle rejettent ses eaux usées dans les stations d'épuration ou STEP du Prat et de Tohannic. Si la première STEP rejette ces eaux traitées dans le Liziec, la STEP de Tohannic les rejettent à Séné dans le ruisseau de Cantizac.

Sortie SEP Prat     Sortie SEP Tohannic

L'essor immobilier de la commune (Coeur de Poulfanc) est rendu possible grâce à ces équipements qui ont la capacité d'absorber la croissance démographique. Séné paie cet assainissement au prix fort et pour le particulier la "redevance" assainissement est de 1.68 €/m3.

Environ 10% des abonnées ne sont pas raccordés au réseau collectif d'assainissement et opère leur épuration via des fosses sceptiques. Une inspection est en cours.

Le réseau d'assainissement est long de 74 km équipés de nombreuses postes de relèvement qui consomme environ 220.000 kwh par an.

On voit bien que Séné n'est en rien autonome en matière d'eau :

- 0% de son eau produite sur le territoire communal

- 18% de capacité de traitement des eaux usées;

- essor démographique "dépendant" de la ville de Vannes.

- fragilité des milieux aquatiques : mouillères, marais et littoral.

Voir aussi schéma du réseau en pièce jointe.

Dès lors, faut-il que Séné reste en "gestion" municipale ou bien rejoindre une structure mutualisée ?

Quel est le niveau souhaitable ? Confier la gestion de notre eau à la régie municipale de Vannes ?

Transférer cette compétence à l'Agglo de Vannes ? Rejoindre un syndicat intercomumnal ou bien le niveau départemental ?

Les récents investissements du Département plaident pour une gestion de l'eau mutualisée au niveau du Morbihan : lire le pdf ci-joint. Rejoindre "Eau du Morbihan" se traduirait toutefois par une hausse du prix de l'eau. Séné et Vannes sont dépendants des travaux au niveau départemental et pourraient faire preuve de solidarité...

- l'interconnexion des réseaux a pour but de sécuriser toutes les communes du Morbihan y compris Vannes et Séné.

- la gestion par exemple du barrage de Guerlédan bénéficie aussi à toutes les communes.

- le barrage d'Arzal permet de soutenir la demande liée au tourisme,

- la nouvelle réserve de Saint-Avé sur l'emplacement de la carrière de Liscuit servira à plusieurs communes.

La solution "Morbihan" serait pertinente si Vannes et aussi Lorient rejoignaient le syndicat départemental. Elle permettrait un même prix de l'eau dans tout le département.

Notre député - voir l'article ci-dessous - prone un transfert de la compétence eau vers l'agglomération. Il faudrait l'accord de la ville de Vannes et surtout le départ de plusieurs communes de notre agglomération qui adhèrent à un syndicat intercommunal local. Cette solution "agglo" permettrait de battir autour de la régie de Vannes un service technique de l'eau pour toutes les communes de l'agglomération.

Enfin, Séné pourrait déléguer la gestion de l'eau à la ville de Vannes avec un accord fixant les modalités. Cependant, Vannes n'a rien à y gagner car l'eau y est moins chère qu'à Séné. Séné doit aussi mettre aux normes son réseau d'égout et les Vannetais n'aurait pas d'intérêt a en payer le coût.

1112EauxAgglo  1412-Séné-assainissement

On voit bien que la mutualisation de la gestion de l'eau, pourtant source d'économie pour le contribuable, se heurte aux intérêts particuliers des communes.

Dans l'attente d'une hypothétique mutualisation des moyens, la ville de Séné doit remettre aux normes son réseau d'égout. En 2013 et 2014, la ville de Séné a entrepris l'inspection des réseaux d'eaux usées. Il semble qu'un grand nombre de canalisations d'égout aient mal viellies. Pour financer cette remise en état, indispensable pour éviter de contaminer les eaux du Golfe du Morbihan, des travaux vont être planifiés. Pour les financer, la redevance eaux usées à été augmenté décembre 2015.

Le législateur semble avoir entendu notre député. Il est désormais question de transférer aux communautés de communes ou agglomération la compétence de distribution de l'eau. Lire l'article concerné :

http://senegolfe.fr/tous-les-articles-revue-de-presse/item/203-eau-assainissement-transférés-à-vannagglo.html

 



 

   
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