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dimanche, 17 avril 2016 15:43

Les petits pas dans les grands : Vrai et Faux

Article Ouest-France avril 2016 Article Ouest-France avril 2016

"Les petits pas dans les grands"

Quel est l'effet réel des recommandations de la ville de Séné ?

 

Lire aussi la pièce jointe en pdf : l'expérience d'une famille française qui fait du Zéro déchet ou presque.

1604 Zero déchet foto   couv famille zd 300

 

http://www.thierrysouccar.com/livre/famille-presque-zero-dechet-ze-guide-3096

Avec un titre ambitieux : Réchauffement climatique :"C'est à chacun d'agir", le journal Ouest-France relate l'initiative de la ville de Séné en matière d'environnement.

Séné lance un questionnaire dans son bulletin municipal dans le but de sonder les Sinagots sur leur "comportement" écologique, environnemental. Voir document attaché.

N'oublions pas que l'écologie est avant tout une discipline scientifique qui fait appel à des connaissances variées puisées dans les sciences de la vie et de la terre, en agronomie, en géographie, en économie et en physique (énergie, climat).

Analysons les recommandations de la ville de Séné détaillées dans ce questionnaire et interrogeons nous sur leur vrai impact dans la lutte contre le réchauffement climatique, la préservation de la biodiversité et la préservation de la nature et de ses ressources.

Au delà des considérations morales ou politiques tachons de chiffrer l'impact des "bons conseils de nos élus ".

 

1 Analysons les conseils sur l'eau :

Effectivement, l'eau est à la source de la vie. Les images de sécheresse, de pollution de cours d'eau interpellent les citoyens. Mais qu'en est-il à Séné et dans le Morbihan ? Quel est l'impact de ces mesures ? Quelles autres mesures auront plus d'effets sur la préservation de l'eau ?

 

eau circuit

 

Je fais l'effort pour économiser l'eau - Je récupère les eaux de pluies.

 

Prôner l'économie de l'eau suppose que sur Séné et en Morbihan on en manque.

A Séné, l'eau provient de sources situées à Saint-Nolff. L'eau est acheminée par des conduites et distribuée aux foyers sinagots par un réseau d'adduction. Selon le rapport Veolia de 2008-2009, environ 18% de cet eau est perdue dans les canalisations, soit 71.000. m3.

Lire la page de senegolfe sur ce thème :

http://senegolfe.fr/tous-les-articles-dossiers-municipaux/item/56-adduction-et-assainissement.html

 

On voit bien que la mesure à prendre en priorité est la réfection des réseaux pour réduire les pertes dans les conduites.

 

Par ailleurs, il pleut suffisamment en Bretagne. L'eau de pluie régénère les nappes phréatiques et les sources. Une fois utilisée par la population, l'eau est "nettoyée", retraitée dans des stations avant son rejet dans le Golfe du Morbihan. Il n'y a pas de pénurie car en été le barrage d'Arzal permet à Séné et au sud Morbihan d'accueillir des estivants.

Si il faut économiser l'eau cela se passe sûrement par la rénovation des conduites.

Que font les élus ?

 

En attendant, le maire de Séné nous conseille de récupérer l'eau de pluie....

Récupérer l'eau de pluie est difficile dans un appartement à moins que les logements soient construits avec des citernes de récupération qui serviraient à arroser les espaces verts...

Rien de cela dans le PLU pour les nouvelles constructions.....

C'est plus commode pour un particulier.

Il va acheter un container de 350 L à 100 euros pour récupérer l'eau de ses gouttières. Ce container est en plastique et une fois usé, dans 4 ans ou 10 ans, il sera jeté. Or, il n'y a pas de filière de retraitement de ce type de plastique. Il faudrait donc récupérer l'eau dans un container en zinc, en inox mais pas en plastique qui provient du pétrole.

En été, si le Sinagot remplit quand il pleut son container, le vide pour arroser son jardin ou nettoyer sa voiture, cela 4 fois dans l'été, il aura économisé péniblement 1200 litres d'eau. Prenons une économie moyenne de 2 m3/an à comparer à sa consommation moyenne de 80-120 m3 d'eau par an. Sur 3.000 foyers vivant en pavillon "tous équipés" à Séné cela fait par an 6000 m3 à comparer avec les pertes du réseau de 71.000 m3. Ridicule.

Mais surtout le coût du m3 "économisé" fait réfléchir. 100 euros pour un container sur 10 ans cela fait 10 euros par an pour 2 m3 d'eau ! Le prix du à Séné est d'environ 2 euros/ m3 coût 'adduction/assainissement compris.

Récupérer l'eau de pluie avec un container est donc très coûteux, cela pollue avec du plastique et cela évite de se poser la vrai question de la rénovation des conduites d'adduction d'eau.

Encore 18% d'eau de source perdue !

 

2 Analysons les conseils sur l'énergie et le logement :

 

Effectivement l'énergie est une ressource chère, difficile à extraire (énergies fossiles), difficile à produire (nucléaire), émettrice de gaz à effet de serre (fioul, gaz). Avoir une meilleure efficacité énergétique, réduire sa consommation à confort égal, réduire ses émissions de C0² sont des mesures pertinentes.

 

Je limite ma consommation d'électricité - J'utilise des énergies renouvelables - J'ai isolé mon logement.

 

isolation maison

Avant de prôner des mesures, il est regrettable que "nos spécialistes municipaux" n'essaient pas de quantifier le problème avant de préconiser des solutions.

Pour tout foyer de Séné ou d'ailleurs, il est facile de déterminer sa dépense énergétique au foyer : production d'eau chaude sanitaire (ECS) et de chauffage. Il suffit de se référer aux factures d'EDF et de Engie (ex GDF) (+ des éventuelles bouteille de gaz pour la gazinière ou le barbecue). Tout foyer sinagot obtiendra sa consommation de KWh en électrique et en gaz et pourra déterminer ses émissions de C0². D'une année à l'autre il peut voir comment évolue sa "dépense énergétique" et tâcher de la réduire. Voilà une démarche citoyenne simple à faire avec une calculette.

 

Contacter Senegolfe qui réalisera le bilan énergétique de votre foyer.

 

Une fois effectué, on s'aperçoit que la mesure qui permet de réduire vraiment sa consommation d'énergie "à confort constant" c'est l'ISOLATION de sa maison.

Cela représente de grosses dépenses dans l'isolation des combles avec de la laine de roche par exemple, le bardage extérieur de ses façades, le changement de sa chaudière, le changement des huisseries (fenêtre et portes)....

 

Quid des énergies renouvelables ?

 

Pour un foyer à Séné les technologies disponibles sont l'éolien sur le toit, les chauffe-eau solaire, les panneaux photovoltaïque.

Senegolfe DECONSEILLE fortement les foyers sinagots d'opter pour ces solutions.

- Les petites éoliennes de toit ne sont pas du tout efficaces. Il faut un vrai mât dans son jardin bien exposé aux vents pour produire de l'énergie éolienne et rentabilisé son investissent.

Pas si commode en ville. Attention aux arnaques des démarcheurs !

- le chauffe-eau solaire produit de l'eau chaude grâce à un fluide caloporteur circulant dans un serpentin bien exposé sur le toit. A Séné comme partout il faut un toit bien exposé et sans fenêtre (chien assis ou capucines) qui gène. L'investissement est plus facile à rentabiliser et bénéfice encore d'un crédit d'impôt. Mais il sera plus performant de passer en chaudière gaz condensation ou pompe à chaleur électrique. (Contacter Senegolfe pour le détail des calculs).

- les panneaux photovoltaïques sont une mauvaise solution pour les particuliers. En effet, cette technologie bénéficie de subventions qui renchérissent le prix du l'électricité, la fameuse taxe et contribution qui sont reportées sur les factures EDF et augmente de près de 10% le prix du Kwh.

Les foyers modestes ont déjà du mal à payer leurs factures...

Cette technologie doit être réservée aux hypermarchés, aux bâtiments agricoles, aux grandes surfaces de toit des entreprises, là où l'installation aura un faible coût au m² installé et une maintenance facilité.

 

Il faut donc ISOLER son appartement, son pavillon et faire pression sur le bailleur pour qu'il loue un appartement isolé.

Du coup si mon logement est isolé, si il est désormais classé en catégorie B ou C, suis-je obligé de "limiter ma consommation d'électricité"? Il s'agit là d'une vision "régressive" de l'écologie.

Le progrès technique permet de garder le même confort tout en réduisant son impact sur l'environnement.

 

3 Analysons les mesures concernant la mobilité :

 

Après le chauffage et la production d'eau chaude sanitaire, les dépenses de carburant sont les plus grosses dépenses d'énergies fossiles.

 

Je me déplace régulièrement grâce au covoiturage - Je me déplace régulièrement en transport en commun - Je me déplace régulièrement à vélo ou à pied .

 

mobilite

 

Oui, pourquoi pas ces recommandations !

Mais avant toute chose, il faut d'abord faire le bilan de sa propre consommation de carburant.

Quoi de plus facile !

 

Il suffit de garder ces facturettes d'achats de gasoil ou de super à chaque fois que l'on fait le plein du réservoir de son véhicule. On peut aussi calculer son litrage de carburant à partir des km parcourus par son véhicule, donnée accessible notamment quand on va faire la révision ou le contrôle technique ou bien en la notant sur un calepin.

Ce simple calcul permet à tout un chacun de savoir quel volume de carburant il consomme (et donc sa propre émission de CO²) et de voir si d'une année à l'autre il réduit sa consommation.

Il n'oubliera pas d'ajouter :

- les Km parcourus en covoiturage divisé par le nombre personnes qui étaient dans la voiture;

- les litres de kérosène divisé par le nombre de passagers qui étaient dans l'avion qu'il a emprunté,

- les km fait en bus ou autocar divisé par le nombre de passagers.

Ces dernières additions sont un peu plus difficiles à calculer mais sur Internet on trouve des abaques.

 

Alors fort de son bilan, il pourra choisir sa façon de réduire sa consommation de carburants :

- rouler à vélo ou marcher à pied,

- utiliser du transport partagé : bus, car, covoiturage,

- utiliser des transports sans carburant : bien sûr le train mais aussi la voiture électrique.

- changer de mode de vie : partir en vacances en voiture à Quiberon au lieu de prendre l'avion pour la Thaïlande;

- demander à son patron des journées de travail à domicile grâce à sa box Internet, Skype et sa web-cam.

- changer de véhicule pour un plus récent consommant moins ou acheter un véhicule électrique.

 

On le comprend, sans calcul pour établir un bilan une année de référence comment savoir si on a réduit sa consommation l'année suivante ?

 

4 Analysons les mesures de tri des déchets :

 

Hier encore, on enfouissait dans des décharges nos déchets en vrac. Aujourd'hui grâce au discours des scientifiques et des écologistes, les villes ou les communautés d'agglomération ont investi dans le traitement des déchets ménagers. Nous avons tous des poubelles noires et jaunes et sommes invités à aller dans les déchèteries pour y déposer nos produits dangereux, nos déchets verts et autres encombrants. Des filières se sont mises en route pour retraiter nos déchets. Cela fonctionne si au foyer on joue le jeu du tri domestique.

 

Je trie et recycle mes déchets - Je composte mes déchets organiques

 

sysem orga

 

Si la première mesure prônée est pertinente, la 2° est assez contestable.

A Séné et sur l'agglomération de Vannes, le Sysem a investi dans une usine de production de biogaz en zone du Prat, à partir des déchets ménagers voir photo

Pour avoir discuté avec le directeur de cette usine, il NE FAUT PAS enlever de sa poubelle noire les déchets organiques car cela réduit la richesse en biomasse de son minerai : le contenu de nos poubelles.

Donc le compostage n'est pas à généraliser car il existe un moyen de valoriser nos déchets organiques (os, déchets de repas, épluchures) sur Séné et Vannes.

Dans le déchèteries, les professionnels viennent aussi récupérer les déchets verts (herbe tondue, haies taillées, végétaux) pour produire efficacement du compost à usage des paysagistes et des agriculteurs.

Quant au tri domestique des emballages, le lecteur doit savoir que l'usine du Sysem du Prat est équipée bien sûr pour traiter les déchets actuellement récupérés : bouteilles plastiques, conserves métalliques, cartonnage léger, brique UHT, papiers. Il s'agit là du gros tonnage de déchet d'emballage.

Ce que le lecteur sait moins c'est que l'usine du Sysem a été conçue également pour recycler les emballages légers qui pourtant encombrent bien nos poubelles : films plastiques, barquettes en polystyrène, barquette en plastiques etc..

Oui mais nos élus ne veulent pas augmenter la taxe sur le traitement des ordures ménagères qui figure dans le paiement des la taxe d'habitation.

Alors faut-il donner des leçons d'un côté et ne pas décider de l'autre ?

 

5 Analysons les mesures sur le "jardinage" :

 

Je jardine sans pesticide - Je partage mon potager/jardin :

 

Même si l'agriculture est en volume le premier consommateur de pesticides, le particulier étant "moins efficace", moins "productif", il consomme par hectare bien plus de pesticides.

Jardiner chez soi sans pesticide et avec des solutions BIO est effectivement une sage mesure.

Le partage d'un potager ou d'un jardin est plutôt social qu'écologique.

Un peu de convivialité dans des jardins municipaux ou chez soi ne fait pas de mal..

 

6 Analysons les mesures sur les achats alimentaires :

 

Je privilégie les achats en circuit court - Je privilégie l'achat de produit BIO - Je privilégie les achats avec peu d'emballage.

 

En cours d'étude...

 

7 Analysons les mesures sociales :

 

Je suis bénévole dans une association environnementale :

Je suis bénévole dans une association à vocation sociale

Je partage mon matériel

Je fais des achats groupés

Je participe à troc

Je fais des courses pour une personne dépendante.

 

En cours d'étude...

 

 

   
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